Traitement des eaux de chantier : obligations et solutions
Rabattement de nappe, terrassements, curage : la plupart des chantiers produisent des eaux chargées qu’il est interdit de rejeter telles quelles. Voici comment les gérer dans les règles, sans ralentir les travaux.
D’où viennent les eaux de chantier ?
Sur un chantier de terrassement, de génie civil ou de dépollution, plusieurs types d’effluents peuvent apparaître :
- les eaux d’exhaure, pompées pour maintenir une fouille hors d’eau ou rabattre la nappe ;
- les eaux de ruissellement, chargées en fines et en matières en suspension après la pluie ;
- les eaux de process, issues du lavage des engins, du sciage ou du forage ;
- les boues et sédiments, issus du curage de bassins, de canaux ou de plans d’eau.
Sur un site pollué, ces eaux peuvent en plus contenir des hydrocarbures, des solvants ou des métaux, ce qui impose un traitement adapté avant tout rejet.
Ce que dit la réglementation
Le principe est simple : aucune eau polluée ne doit être rejetée dans le milieu naturel ou dans les réseaux sans autorisation ni traitement préalable. Concrètement, deux cas se présentent.
Le rejet dans un réseau d’assainissement
Tout rejet d’eaux autres que domestiques dans le réseau public doit être autorisé par la collectivité ou le gestionnaire du réseau, conformément au code de la santé publique. Cette autorisation de déversement fixe des valeurs limites (matières en suspension, hydrocarbures, pH, débit…) qu’il faut respecter et contrôler.
Le rejet dans le milieu naturel
Un rejet dans un cours d’eau ou un fossé relève du code de l’environnement et peut nécessiter, selon les volumes et la sensibilité du milieu, une déclaration ou une autorisation au titre de la loi sur l’eau. Les prélèvements importants dans la nappe, comme les rabattements de longue durée, peuvent également être concernés.
Conseil : les démarches administratives prennent du temps. Il est recommandé de les engager dès la préparation du chantier, en s’appuyant sur une estimation réaliste des débits et de la qualité des eaux.
Les solutions de traitement
La chaîne de traitement se construit en fonction de la nature des eaux et des seuils de rejet à atteindre. Elle associe généralement plusieurs étapes.
La décantation et la séparation des hydrocarbures
Un bassin ou une cuve de décantation permet d’abattre la majeure partie des matières en suspension. Un séparateur retient ensuite les hydrocarbures flottants. C’est souvent suffisant pour des eaux de ruissellement peu chargées.
La coagulation et la floculation
Lorsque les particules sont trop fines pour décanter naturellement, l’ajout de réactifs les agglomère en flocs plus lourds, qui se séparent rapidement de l’eau.
La filtration
Les filtres à sable retiennent les particules résiduelles avant les étapes de finition ou le rejet.
Le traitement sur charbon actif
Le charbon actif adsorbe les polluants organiques dissous (hydrocarbures, solvants chlorés, pesticides). D’autres médias filtrants permettent de cibler certains métaux.
La déshydratation des boues
Les boues et sédiments sont déshydratés, par exemple en géotubes ou à l’aide de filtres-presses, afin de réduire leur volume et de faciliter leur évacuation ou leur valorisation.
Le suivi et la traçabilité des rejets
Un traitement efficace se prouve. Le suivi des rejets repose sur :
- des mesures en continu (débit, pH, turbidité) ;
- des prélèvements réguliers analysés en laboratoire ;
- un registre qui consigne les volumes traités et les résultats d’analyse.
La télésurveillance des unités de traitement permet de réagir immédiatement en cas de dérive, avant que le seuil de rejet ne soit dépassé.
Pourquoi un matériel conçu pour le chantier fait la différence
Les conditions d’un chantier n’ont rien à voir avec celles d’une station d’épuration : débits variables, eaux très chargées, déplacements fréquents, intempéries. Des unités mobiles, robustes et faciles à installer garantissent un traitement fiable sans ralentir les travaux. C’est la raison pour laquelle Solrem conçoit et fabrique ses propres équipements dans son centre matériel.
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Questions fréquentes
Peut-on rejeter les eaux d’exhaure dans le réseau pluvial ?
Uniquement avec l’accord du gestionnaire du réseau et après traitement si nécessaire. Le réseau pluvial rejoint généralement le milieu naturel sans passer par une station d’épuration : les exigences de qualité y sont donc souvent strictes.
Quels polluants trouve-t-on dans les eaux de chantier ?
Principalement des matières en suspension et des hydrocarbures. Sur un site pollué, on peut aussi trouver des solvants chlorés, des métaux ou des composés spécifiques liés à l’activité passée du site.
Que faire des boues issues du traitement ?
Une fois déshydratées et analysées, elles sont orientées vers une filière adaptée à leur qualité : valorisation lorsque c’est possible, sinon élimination dans une installation autorisée.