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Terres excavées : comment les gérer et les valoriser ?

Publié le · 3 min de lecture

Les chantiers d’aménagement génèrent chaque année des dizaines de millions de tonnes de terres excavées. Bien caractérisées et bien triées, une grande partie d’entre elles peut être réemployée plutôt que mise en décharge.

Les terres excavées, un déchet pas comme les autres

Dès qu’elles quittent leur site d’origine, les terres excavées ont en principe le statut de déchet. Ce statut entraîne des obligations de traçabilité et de gestion dans des filières autorisées. Mais ces terres sont aussi une ressource : remblais, modelés paysagers, couches de forme… À condition de démontrer qu’elles sont compatibles avec leur nouvel usage.

L’enjeu est double : réduire le coût de gestion des déblais, souvent l’un des premiers postes de dépense d’un chantier de terrassement, et limiter l’extraction de matériaux neufs.

Étape 1 : caractériser les terres

Tout repose sur la connaissance de la qualité des matériaux. Des analyses en laboratoire permettent de classer les terres selon leur niveau de pollution et leur comportement à la lixiviation, c’est-à-dire leur capacité à relarguer des polluants au contact de l’eau. On distingue schématiquement :

  • les terres inertes, qui respectent les critères d’acceptation des installations de stockage de déchets inertes ;
  • les terres non inertes non dangereuses, qui présentent des dépassements sur certains paramètres ;
  • les terres dangereuses, plus fortement polluées, qui relèvent de filières spécialisées.

Plus la caractérisation est fine, plus le tri est précis, et moins on surclasse inutilement des volumes entiers dans une filière coûteuse.

Étape 2 : trier sur une plateforme de chantier

Une plateforme de transit sur le chantier permet de stocker les terres par lots, de les analyser et de les orienter vers la bonne destination. Cette organisation évite qu’une poche de terre polluée ne déclasse tout un volume de déblais sains. Elle offre aussi la souplesse nécessaire pour attendre les résultats d’analyse sans bloquer les terrassements.

Étape 3 : traiter pour mieux valoriser

Lorsque les terres sont légèrement impactées, un traitement sur site peut les rendre réutilisables :

  • le biotertre, ou biopile ventilée, qui dégrade les hydrocarbures grâce aux micro-organismes ;
  • le criblage, qui sépare les fractions grossières des fines, souvent plus polluées ;
  • le lavage, qui transfère les polluants vers une fraction réduite ;
  • la stabilisation, qui limite la mobilité de certains polluants.

Étape 4 : réemployer les terres

Le réemploi sur le site même, dans le cadre du projet d’aménagement, est la solution la plus simple et la plus économique, dès lors qu’il est compatible avec l’usage prévu. La valorisation hors site est également possible : elle s’appuie sur le guide national de valorisation hors site des terres excavées, publié par le ministère chargé de l’environnement, qui définit les conditions permettant de réutiliser des terres dans un autre projet d’aménagement.

Bon à savoir : depuis l’arrêté du 4 juin 2021, les terres excavées et sédiments qui respectent certains critères peuvent sortir du statut de déchet, ce qui facilite leur réemploi dans d’autres projets.

Étape 5 : assurer la traçabilité

Chaque mouvement de terres doit être documenté : origine, quantité, qualité et destination. Depuis le 1er janvier 2022, les mouvements de terres excavées et de sédiments sont déclarés dans le registre national dédié. Les bordereaux de suivi, les résultats d’analyse et les bons de pesée constituent le dossier qui protège le maître d’ouvrage en cas de contrôle.

Les bénéfices d’une gestion optimisée

  • Des coûts maîtrisés : moins de tonnages envoyés en installation de stockage.
  • Moins de transport : des rotations de camions en moins et un bilan carbone allégé.
  • L’économie circulaire : des matériaux réutilisés à la place de matériaux de carrière.
  • La sécurité juridique : une traçabilité complète, conforme à la réglementation.

Solrem possède une large expérience de la gestion des déblais sur plateforme de chantier. Découvrez notre approche de la gestion des déblais ou lisez notre article sur les étapes de réhabilitation d’une friche industrielle.

Questions fréquentes

Peut-on réutiliser des terres légèrement polluées ?

Oui, sous conditions. Leur réemploi doit être compatible avec l’usage du site receveur et ne pas dégrader la qualité des sols ni des eaux souterraines. Le guide national de valorisation hors site des terres excavées précise les règles à respecter.

Quelle est la différence entre déblais inertes et non inertes ?

Les déblais inertes ne subissent aucune transformation physique, chimique ou biologique notable et respectent des seuils d’acceptation stricts. Les déblais non inertes dépassent certains de ces seuils et doivent être orientés vers des filières adaptées.

Qui est responsable des terres évacuées d’un chantier ?

Le producteur du déchet, en général le maître d’ouvrage, reste responsable de ses terres jusqu’à leur élimination ou leur valorisation finale. D’où l’importance d’une traçabilité rigoureuse.